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réflexions
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réflexions
Ma mère et mes sœurs | Matthieu 12, 46-50
46 Jésus parle encore aux foules, voici : sa mère et ses frères se tiennent dehors, ils cherchent à lui parler. 47 Quelqu’un lui dit : « Voici : ta mère et tes frères se tiennent dehors, ils cherchent à te parler. » 48 Il répond et dit à celui qui lui parle : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? » 49 Il tend sa main vers ses disciples et dit : « Voici ma mère et mes frères : 50 car celui qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux, lui est pour moi frère, et sœur, et mère ! »
Traduction utilisée pour l’analyse
Les Évangiles, les quatre, Matthieu, Marc, Luc, Jean ;
Nouvelle traduction par Sœur Jeanne d’Arc, op ;
Desclée de Brouwer ; Paris ; 1992.
RÉFLEXION
Notre texte
Le mot central du passage sur lequel nous réfléchissons aujourd’hui est le mot « disciples » v49. Dans l’Évangile de Matthieu, ce mot, nous le retrouvons 70 fois. 49 fois, il est emprunté à Marc, 4 fois à la Source Q et 17 fois il s’agit de matériel personnel à Matthieu. Ce mot « disciples » est donc important pour Matthieu qui a des préoccupations reliées à son rôle de scribe dans l’ancienne assemblée (sunagôgè). Présentant la nouvelle assemblée (sunagôgè) il insiste sur ceux et celles qui la composent, les « disciples ». Ici ce mot « disciples » surgit du questionnement que se pose tout haut Jésus à la suite de l’intervention de quelqu’un qui lui annonce que sa mère est là dehors : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? » et ce mot « disciples » est précisément la réponse que se donne Jésus d’abord à lui-même et ensuite à celui qui l’a interpellé. « Il tend alors sa main vers ses disciples et dit : « Voici ma mère et mes frères ». Il affirme ainsi que cette nouvelle assemblée (sunagôgè) est sa nouvelle famille. On reconnaît les membres de cette nouvelle famille (« frère, et sœur, et mère ») à ce qu’ils sont ceux et celles qui font « la volonté de mon père qui est dans les cieux ». Mais quelle est donc cette volonté ?
Le contexte avant
Lointain
Depuis le chapître 5 tout le récit de Matthieu, pour arriver à notre passage d’aujourd’hui, origine presqu’à 90% de la Source Q et de son matériel personnel. Il nous apprend comment doit être le « disciple » par les béatitudes et plein d’enseignements teintés de la sagesse du maître. Parcourant toutes les villes et les villages pour enseigner dans les anciennes assemblées (sunagôgè), Jésus est remué jusqu’aux entrailles devant la misère des foules. 9, 36 Il envoie donc ceux qu’il a formés (les disciples) répondre aux urgences véçues par ces foules. De plus il ne fait pas que dire, il accomplit aussi. Nous le constatons d’ailleurs à dix exemples d’interventions qu’il a faites à la vue d’urgences rencontrées sur sa route. Dix, ici, est un chiffre populaire dans les textes anciens que Matthieu, le « scribe devenu disciple » (13, 51) connaît bien. De plus ce chiffre souligne symboliquement l’ensemble des interventions libératrices à poser.
Proche
Quand un jour de sabbat (12, 1) les disciples affamés, après avoir sur leur route secouru les souffrants, sont attaqués verbalement par les pharisiens, Jésus se dresse et les défend en proclamant que l’être humain est plus précieux que les restrictions sabbatiques 12, 8 et que, dans son action libératrice, le passionné de l’être humain (fils de l’homme) est même maître du sabbat en le subordonnant à la valeur première qui est l’être et au service duquel tout doit être ordonné. Plus encore que les épis arrachés et mangés le jour du sabbat, Jésus explicite son affirmation et montre ce que fait un passionné de l’être humain (fils de l’homme) en guérissant lui-même un être à la main sèche non seulement un jour de sabbat, mais plus encore en pleine assemblée (sunagôgè), à la face de tout le monde religieux. Plus encore, selon son habitude de scribe, Matthieu repose son avancé sur un texte d’Isaïe qui explicite ce que veut Dieu de tout être humain qui veut être son serviteur. Le disciple sert Dieu en agissant en fils de l’homme (en étant passionné de l’être humain) 12, 8. C’est ainsi seulement qu’il pourra être reconnu fils de Dieu comme l’enseignait Maurice ZUNDEL. Attaqué à son tour et même associé à BÉELZÉBOUL par les pharisiens, Jésus contre-attaque fort et dénonce ceux qui font le rôle de démon consciemment ou non. En effet parfois même ils sont utilisés par ces mêmes forces du mal sans le savoir, parfois même en croyant bien faire. Jésus illustre son propos en racontant que l’esprit impur revient chez l’être humain qui a intérieurement bien fait le ménage avec sept autres esprits plus efficaces que lui encore pour essayer d’y retourner et faire en sorte que « le dernier état de cet être humain devient pire que le premier » 12, 45. C’est alors précisément qu’arrivent dehors sa mère et ses frères résolus à le ramener à la raison (chez Marc 3, 21, passage que Matthieu n’a pas utilisé). Cet enseignement sur les sept esprits mauvais qui tentent un retour chez le disciple engagé est un morceau de la Source Q. Et cette association avec la parenté de Jésus qui tente un retour dans la vie de Jésus, Luc ne la fait pas. Matthieu est le seul qui souligne que la parenté de Jésus, sans le savoir et en pensant même bien faire, joue le rôle de sept esprits mauvais qui essaient de venir convaincre Jésus de revenir à un comportement normal, habituel, raisonnable. C’est très habile de la part des forces du mal d’utiliser une mère pour détourner le disciple de sa mission. Comment résister à sa mère et comment discerner qu’elle est inconsciemment l’outil des forces négatives ? Contrairement à Marc et à Luc où la parenté de Jésus est empêchée d’entrer par la foule Matthieu précise que simplement ils se tiennent dehors. Ils ne savent pas tout-à-fait comment faire car ils savent que Jésus est un être libre et un être d’autorité. Nerveusement ils intuitionnent peut-être déjà que leur démarche sera un échec. Se tiennent-ils « dehors » à tout nouveau, retranchés dans leurs convictions et fermés à tout autre discours que ce qu’ils veulent bien entendre ?
Notre texte
Parce qu’ils se tiennent dehors, sa mère et ses frères n’ont probablement pas entendu la réponse que Jésus a donné à celui qui lui annonçait la présence de sa famille humaine. On intuitionne cependant que ce dernier a retransmis à sa mère et à ses frères l’affirmation de Jésus. Ils savent qu’il y a maintenant une nouvelle famille. Cette dernière n’exclut pas la première, mais elle invite à faire la volonté du père qui est dans les cieux. Il y a appel à non seulement se préoccuper de la famille de sang (horizontale), mais aussi de la famille de l’Esprit (verticale) . La deuxième, nous le répétons encore, incorpore la première si on cesse bien sûr d’être « dehors » pour entrer dans la nouvelle assemblée (sunagôgè), si on « cherche » v46 comme ici la famille de Jésus à entrer en communication avec lui qui nous donnera l’heure juste. Parmi les synoptiques Matthieu est le seul qui souligne deux fois (v46 et v47) que la parenté de Jésus « cherche à lui parler ». Chez Marc « ils le cherchent » simplement (3, 32) et chez Luc « ils veulent le voir » (8, 20). Matthieu est aussi le seul des trois synoptiques à préciser que cette nouvelle famille, cette nouvelle assemblée, ce sont ses « disciples ». Pour Marc ce sont « ceux qui sont assis en cercle autour de lui » (Mc 3, 34) et pour Luc ce sont « ceux qui entendent la parole de Dieu et font » (Lc 8, 21).
Le contexte après
Proche
Cette nouvelle assemblée (sunagôgè) fait exploser les murs de l’ancienne, murs qui étouffaient et enfermaient. Elle se déplace au bord de la mer pour accommoder les foules nombreuses qui ne pouvaient toutes entrer dans l’espace limitée de la maison. Jésus les nourrit alors de sept paraboles. Matthieu en bon enseignant met beaucoup d’emphase sur les paraboles en empruntant à Marc et à la Source Q, mais personnellement en en rajoutant quatre de son cru. Dans la nouvelle assemblée, chaque disciple est invité (e) à produire du fruit. Ainsi, s’il produit, il recevra du ciel et il aura même du surplus. (13, 12)
Lointain
Preuve que Jésus n’exclut pas sa famille et ses proches il vient même les visiter à Nazareth (13, 53) et les enseigner à la synagogue. Jésus leur tend la perche. On est surpris de sa sagesse (son dire) et de ses miracles (son faire), mais certains préfèrent être choqués du fait qu’on connaît ses origines locales, ses parents sont (le charpentier et Marie), ses frères sont Jacques, Joseph, Simon et Jude et parmi nous, il y a aussi toutes ses sœurs. On n’a pas confiance en lui: mais pour qui se prend-t-il donc ? et Jésus ne peut rien faire pour eux tant qu’ils ne dépasseront pas les limites de ce qui les aveuglent.
Conclusion
À distance de la croix parmi les nombreuses femmes qui le suivront depuis la Galilée (27, 55) Matthieu soulignera la présence de la tante de Jésus (Marie mère de Jacques et de Joseph et selon Marc, épouse de Cléophas Mc 15, 40). Il y a donc des disciples femmes deux fois parents de Jésus puisqu’elles ont adhéré aussi à la nouvelle assemblée (sunagôgè), à la nouvelle famille englobante. Celles-ci aux dires de Jésus sont deux fois ses sœurs. Matthieu ne dit rien de Marie, la mère de Jésus. Heureusement il y aura Jean qui, nous relatera que depuis les débuts à Cana Marie, sa mère non seulement sert, mais intervient même énergiquement pour stimuler son fils à réagir au manque de vin pour la fête. Puis à la finale au pied de la croix, Jean nous soulignera que Marie, sa mère, est non seulement deux fois la mère de Jésus, mais également mère du disciple que Jésus aimait et également, nous le devinons bien, mère de tous les disciples que nous pouvons être.
Micho Lemieux | bibliste
Atelier biblique des 3B de la fondation La Présence
mercredi 19 octobre 2016
POÉSIE
Marie
En cherchant ton fils
Tu as su ce jour-là
Que la peur n’est pas de lui.
Il a pour mère
La disciple qui fait confiance.
En cherchant ton fils,
Marie
Tu as su ce jour-là
Et pour toujours
être debout auprès de lui,
être debout auprès de nous.
Vandière
arts visuels
« L’AUJOURD’HUI »